Où emmener les enfants un mercredi après-midi sans passer une heure dans les bouchons ni y laisser un budget de vacances ? C’est la question que je me pose presque chaque semaine, et je sais que je ne suis pas la seule dans ce cas. Entre les écrans qui happent l’attention des petits et le manque criant d’espaces verts en ville, les fermes pédagogiques sont devenues, pour beaucoup de familles autour de Marseille et dans l’ensemble des Bouches-du-Rhône, une solution aussi simple qu’évidente. Je m’y suis intéressée de près, j’ai visité plusieurs de ces lieux, et je vous propose ici un vrai tour d’horizon, sans blabla inutile.
Avant d’aller plus loin, un petit tableau pour s’y retrouver rapidement parmi les adresses les plus citées du département.
| Nom | Commune | Tarif indicatif | Ce qui les distingue |
|---|---|---|---|
| Ferme du Collet des Comtes | Marseille (12e) | Gratuit | Visite familiale samedi matin et mercredi après-midi, vente de légumes bio |
| Ferme du Roy d’Espagne | Marseille (9e) | Ateliers payants | Deux hectares en agriculture biologique, ateliers le jeudi |
| La Tour des Pins | Marseille (14e/15e) | Gratuit ou modique | Première ferme pédagogique créée par la ville, en 1980 |
| La Chevauchée de l’Étoile | Marseille | Environ 4 € | Dix-huit espèces animales, cadre très nature |
| Anim’O Parc | Fuveau | Environ 9 € | Parcours arboré, mini-golf et jeux gonflables |
| La petite ferme pédagogique | Saint-Rémy-de-Provence | Variable | Ambiance provençale, très appréciée en famille |
| Fermette de la Croix d’Estrine | Martigues | Variable | Bonnes notes des visiteurs, accueil chaleureux |
| Les Poneys de Provence | Lambesc | Ateliers dès 55 € | Spécialisée dans l’approche du poney |
Il existe de nombreuses fermes pédagogiques dans les Bouches-du-Rhône, mais nous ne pouvons pas vous donner des détails sur toutes :
- Ferme du Roy d’Espagne, Marseille 9e
- Ferme du Collet des Comtes, Marseille 12e
- Ferme de la Tour des Pins, Marseille 14e
- Ferme pédagogique de Figuerolles, Martigues
- La Ferme pédagogique, Les Pennes-Mirabeau
- Augustine & Compagnie, Jouques
- Anim’O Parc, Fuveau
- Ferme animalière d’Auriol
- Domaine des Amazones, Auriol
- La Ferme de Noé, Trets
- La Pastorale du Regagnas, Trets
- La Petite Ferme pédagogique de Saint-Rémy-de-Provence
- La Ferme du Tadorne, Port-Saint-Louis-du-Rhône
- L’Oki Ferme, Istres
- La Ferme de Sedona, Saint-Martin-de-Crau
- Mini ferme de Pont Royal, Mallemort
- Les Poneys de Provence, Lambesc
- Ferme itinérante L’Arche du temps perdu, Le Puy-Sainte-Réparade
Qu’appelle-t-on vraiment une ferme pédagogique
On emploie le terme à toutes les sauces, alors autant clarifier les choses. Une circulaire interministérielle datant d’avril 2001 a posé un cadre : il s’agit d’une exploitation qui élève des animaux et ou cultive des végétaux, et qui reçoit régulièrement du public, enfants comme adultes, dans une intention éducative. Cette définition englobe des réalités très différentes : de la petite exploitation familiale qui ouvre ses portes deux après-midi par semaine, jusqu’à des structures presque entièrement tournées vers l’accueil de groupes scolaires. Il n’existe pas d’agrément national unique ; ce sont plutôt les réseaux régionaux ou départementaux qui délivrent leurs propres labels de qualité.
Pourquoi ces lieux séduisent autant autour de Marseille
Le succès n’est pas qu’une impression locale. On recense environ 1 400 structures de ce type sur l’ensemble du territoire français, réparties dans plus d’une centaine de réseaux ou relais départementaux. C’est un chiffre qui donne le vertige quand on sait à quel point chacune de ces fermes reste, la plupart du temps, une petite entreprise familiale portée par une poignée de passionnés.
Autre donnée qui mérite d’être connue : le réseau national le plus étendu, porté par les chambres d’agriculture, rassemblait déjà plus de 400 adhérents au début des années 2010, et la grande majorité des fermes affiliées à un réseau, environ huit sur dix, passe par une forme de contrôle ou d’agrément interne. Autrement dit, rejoindre un réseau n’est pas une simple formalité administrative, cela garantit un minimum de sérieux dans l’accueil du public, notamment des plus jeunes.
- ≈ 1 400 fermes pédagogiques recensées en France
- 129 réseaux ou relais départementaux
- ≈ 80 % des fermes en réseau soumises à un contrôle
Dans Marseille intra-muros, des adresses accessibles à pied ou en bus
Ce qui me plaît particulièrement dans la ville, c’est qu’on n’a pas besoin de sortir du périphérique pour tomber sur une vraie ferme. La ferme du Collet des Comtes, nichée dans le quartier des Caillols, dans le 12e arrondissement, en est un bon exemple : rachetée par la municipalité dans les années 1980 pour échapper aux promoteurs, elle est aujourd’hui ouverte gratuitement au public le samedi matin et le mercredi après-midi, avec la possibilité d’acheter des légumes cultivés sur place. Un peu plus loin, la ferme du Roy d’Espagne, installée sur d’anciennes terres maraîchères du 9e arrondissement, propose des ateliers réguliers le jeudi autour d’une agriculture biologique bien réelle, pas juste affichée sur une pancarte.
Impossible aussi de passer à côté de la Tour des Pins, doyenne du genre puisqu’il s’agit de la toute première ferme pédagogique créée par la municipalité, en 1980, dans les quartiers nord de la cité phocéenne. Sa vocation sociale, aider des jeunes de quartiers populaires à se reconnecter au monde rural, en fait un lieu à part, loin de l’image parfois lisse que l’on peut se faire de ces structures.
Une ferme pédagogique réussie, ce n’est pas celle qui a le plus d’animaux, c’est celle où l’on sent que les gens qui vous accueillent ont réellement envie de transmettre quelque chose.
Mon anecdote la plus sincère sur le sujet
J’ai emmené ma nièce un mercredi après-midi dans une petite structure du côté des Caillols, persuadée qu’on y resterait vingt minutes montre en main. On y est restées presque trois heures. Elle a nourri les chèvres, posé mille questions sur les poules, et reparti avec un sachet de tomates achetées cinquante centimes. Ce jour-là, j’ai compris que ces lieux ne valent pas pour leur superficie ni pour le nombre d’animaux affichés sur un site internet, mais pour la qualité humaine de l’accueil. Et sur ce point, je serai directe : certaines fermes très médiatisées m’ont au contraire laissée sur ma faim, avec un personnel visiblement pressé d’enchaîner les groupes.
En dehors de Marseille, tout un département à explorer
Les Bouches-du-Rhône ne se résument évidemment pas à sa préfecture. À Fuveau, Anim’O Parc mêle rencontre avec les animaux de basse-cour et animations plus ludiques, comme un mini-golf ou du karting à pédales, pour un tarif unique tournant autour de 9 euros. Direction Saint-Rémy-de-Provence ensuite, où une petite exploitation familiale profite du cadre provençal pour proposer une immersion plus intimiste. À Martigues, la fermette de la Croix d’Estrine recueille des avis particulièrement élogieux sur la chaleur de son accueil. Et pour les amateurs de balade à poney, direction Lambesc avec Les Poneys de Provence, ou Auriol pour un atelier autour du maraîchage et des plantes aromatiques.
- Avant de partir, vérifiez toujours les jours d’ouverture : beaucoup de ces structures réservent certains créneaux aux groupes scolaires en période de classe.
- Prévoyez des chaussures fermées et un peu de monnaie pour acheter des produits de la ferme sur place, quand c’est proposé.
- Réservez en ligne quand l’option existe, notamment le week-end, certaines fermes limitant volontairement le nombre de visiteurs.
- Renseignez-vous sur l’accessibilité poussette si vous avez un tout-petit, le terrain n’étant pas toujours plat ni goudronné.
Ce que ces visites disent de notre rapport à la campagne
Il y a quelque chose d’assez révélateur dans cet engouement. Une ferme pédagogique reste l’un des rares endroits où un enfant grandissant en ville peut toucher un animal domestique autrement qu’à travers un écran ou un livre illustré. Et ce besoin ne concerne pas que les familles avec de jeunes enfants : de plus en plus d’écoles, de centres de loisirs et même d’établissements médico-sociaux intègrent ces sorties dans leurs programmes, preuve que la demande dépasse largement le simple loisir dominical.
Je me souviens d’une discussion avec un éleveur près d’Auriol, qui me confiait recevoir presque autant de retraités curieux de renouer avec leurs souvenirs de campagne que de familles avec enfants. Cette anecdote, toute simple, m’a convaincue que ces fermes jouent un rôle qui dépasse largement l’animation pour les plus jeunes : elles recréent, l’espace d’une après-midi, un lien avec un monde rural que beaucoup ont quitté sans vraiment le vouloir.
Une visite en images pour se faire une idée
Un reportage qui donne un bon aperçu de l’ambiance dans une ferme urbaine marseillaise, entre bâtiments anciens et parcelles cultivées.
Mon avis avant de réserver votre prochaine sortie
Au bout de toutes ces visites, je garde une conviction simple : les fermes pédagogiques autour de Marseille et dans les Bouches-du-Rhône n’ont rien d’une attraction touristique de plus. Ce sont des lieux fragiles, souvent tenus à bout de bras par des passionnés, et c’est justement ce qui en fait des sorties précieuses. Si vous devez ne retenir qu’une chose, c’est celle-ci : privilégiez les structures qui prennent le temps d’expliquer, quitte à parcourir quelques kilomètres de plus, plutôt que celles qui empilent les animations sans jamais s’attarder sur le pourquoi des choses.
Foire aux questions
Faut-il réserver pour visiter une ferme pédagogique à Marseille ?
Cela dépend des structures. Certaines, comme les fermes municipales, accueillent librement le public sur des créneaux fixes, tandis que d’autres, notamment celles qui proposent des ateliers, demandent une réservation préalable, surtout le week-end.
Les fermes pédagogiques sont-elles adaptées aux tout-petits ?
Oui dans l’ensemble, mais le terrain n’est pas toujours praticable en poussette. Mieux vaut se renseigner sur le type de sol avant de partir avec un enfant en bas âge.
Combien coûte en moyenne une visite en famille ?
Les tarifs varient énormément : certaines fermes municipales sont entièrement gratuites, tandis que des structures proposant des ateliers encadrés peuvent facturer entre 4 et une soixantaine d’euros selon l’activité choisie.
Les écoles peuvent-elles organiser des sorties dans ces fermes ?
Absolument, c’est même souvent leur vocation première. Plusieurs structures du département réservent une partie de leur semaine exclusivement aux groupes scolaires, avec un accompagnement pédagogique dédié.
Existe-t-il un label officiel garantissant la qualité d’une ferme pédagogique ?
Il n’existe pas d’agrément national unique. En revanche, l’adhésion à un réseau départemental ou régional s’accompagne le plus souvent d’un contrôle interne, ce qui reste un bon indicateur de sérieux.